Pieter van der HEYDEN (c. 1530 - après 1572) d’après Pieter BRUEGEL L'ANCIEN (c. 1525 - 1569) : Desidia [La Paresse] - 1558
VENDU
Burin, 227 x 293 mm. New Hollstein (Bruegel) 22.
Planche de la série des Sept péchés capitaux.
Superbe épreuve de l’état unique imprimée sur papier vergé filigrané (P gothique), publiée par Hieronymus Cock (1518 - 1570).
Excellent état de conservation, bonnes marges tout autour de la cuvette (feuille : 250 x 335 mm). Petites salissures sur le bord des marges, pli souple vertical central très peu visible. Rare dans cette qualité d’impression et cette condition.
Dans la marge inférieure, l’inscription en latin SEGNITIES ROBUR FRANGIT, LONGA OCIA NERVOS peut se traduire : « L’indolence brise la vigueur, l’oisiveté prolongée [brise] l’énergie ». L’orthographe « ocia » est probablement une erreur d’écriture pour « otia ». La légende en moyen néerlandais Traecheyt maeckt machtelos en verdroocht / Die seunuwen dat de mensch nieuwers toe en doocht est traduite ainsi par Maarten Bassens (in Bruegel, The Complete Graphic Works, 2019, p. 147) « Sloth makes powerless and dries out the nerves until man is good for nothing » soit « La paresse rend impuissant et dessèche les nerfs jusqu'à ce que l'homme ne soit plus bon à rien ».
« La série des Sept péchés capitaux, achevée en 1558, est entièrement réalisée dans le style de Jérôme Bosch et regorge de figures et de paysages fantastiques ». Selon Jürgen Müller, les raisons de ce choix ne sont pas seulement commerciales (le nom et le style de Jérôme Bosch étaient déjà très populaires). « Il semble plus probable que Bruegel a adopté le style de Bosch parce que les spectateurs l'associaient immédiatement aux mondes du péché et de la folie. » De plus, ce choix « constitue un rejet définitif du style dominant de la Renaissance italienne ». (Notice de Jürgen Müller in Nadine Orenstein, Pieter Bruegel the Elder: drawings and prints, 2001, p. 145).
Toutes les planches de la série mettent en scène une femme personnifiant l’un des sept péchés capitaux canoniques (la colère, la paresse, l’orgueil, l’avarice, la gourmandise, l’envie, la luxure) entourée de scènes illustrant diversement chacun de ces péchés ainsi que les châtiments auxquels doit s’attendre le pécheur.
Dans Desidia, la Paresse, affalée sur un âne, semble profondément endormie au milieu d’un paysage étrange produisant une impression mêlée de pesanteur et d’agitation.
Trois escargots géants, symboles de paresse et de lenteur, entourent la Paresse ; derrière eux, trois personnages affalés sur une table, la tête dans les mains, incarnent l’oisiveté et la mélancolie. Une figure tire en claudiquant un homme dans son lit… Des diablotins s’affairent de toutes parts, titillant les uns, offrant aux autres des oreillers… L’ironie, grinçante ou facétieuse, est omniprésente et, comme d’ordinaire dans les compositions de Bruegel ou dans celles de Bosch, de nombreux autres détails restent difficiles à interpréter.
Le dessin préparatoire de Bruegel se trouve à la Grafische Sammlung Albertina, Vienne (inv. 7872).
_800x0.jpg)
_500x0.jpg)